Histoire & origines


Introduction de la canne aux antilles.

Dès 1635, les colons français installés dans les Antilles introduisent des cultures d'exportation comme le café ou le coton. Des essais d'acclimatation de la canne à sucre sont tentés. La canne est tout d'abord cultivée pour la production du sucre. Cette culture se heurte à des problèmes de rentabilité car les taux d'extraction ne permettent pas une production optimale de sucre à partir du jus de canne.

Transformation du jus de canne en alcool.

Le jus fermenté par la chaleur et les levures naturelles donne une boisson alcoolisée. En 1694 le père Labat imagine de distiller cette boisson, créant ainsi une eau-de-vie qui, après quelques évolutions, est devenue le rhum, les sucreries ajoutent alors rapidement une distillerie à leur installation. Le rhum est alors un produit secondaire des sucreries.

Amélioration des techniques de distillation.

Le vin de canne est alors obtenu en délayant des résidus de fabrication du sucre, les mélasses avec de l'eau. La distillation s'effectue sur des appareils simples où les vapeurs du vin de canne chauffées dans une chaudière sont refroidies dans un serpentin placé dans un tonneau d'eau froide. Cette technique identique à celle du père Labat pédurera guère jusqu'au début du XIXème siècle. À cette époque, le rhum des antilles françaises se heurte à la concurrence de celui produit dans les antilles anglophones. En effet ceux ci bénéficient d'améliorations techniques qui présentent l'avantage d'éliminer les goûts déplaisants produits par une fermentation mal maîtrisée. Ces techniques évolueront jusqu'à aboutir aux dispositifs actuellement utilisés, les colonnes à distiller.

L'apparition du rhum agricole.

En 1870, la canne occupe 57% des surfaces agricoles de la Martinique. Les cours du sucre sont alors affectés par des surproductions qui entraînent la fermeture de nombreuses sucreries. Certaines d'entre elles, se mettent alors à distiller le vin obtenu à partir du jus de canne simplement fermenté. Ainsi est né le rhum agricole.

Essor de la production.

Cette production de rhum permet aux plantations françaises d'échapper à la concurrence des autres iles où le rendement sucrier est bien supérieur. En 1902, l'éruption de la Montagne Pelée réduit de moitié la production martiniquaise mais la Première Guerre mondiale relance l'activité car le rhum devient un des nerfs de la guerre, soutenant le moral des poilus. De plus la zone traditionnelle de fabrication d'alcool (à partir de la betterave) se trouvant en zone de combats, 53% des distilleries métropolitaines sont détruites ou sous contrôle ennemi. En 1918, les producteurs de rhum de la métropole s'inquiètent de la concurrence des colonies et obtiennent en 1922 une loi limitant les importations. Ces restrictions sont levées à la sortie de la seconde guerre et dans les années 1960, la production de rhum agricole égale presque le niveau de production du rhum industriel pour le dépasser au début des années 1970.