Culture de la canne à sucre


Caractéristiques du sol

La préparation du sol a pour but de rendre les surfaces destinées à la culture les plus favorables à la croissance de la canne.

La canne à sucre se caractérise par un système radiculaire important, allant en profondeur, ce qui la rend apte à coloniser les terrains même fortement en pente et en retenir le sol. Les sols les plus propices à son développement sont donc ceux qui lui permettent cet enracinement et qui lui offrent donc une certaine profondeur et une aération du sol n'offrant pas de résistance à la pénétration des racines. La canne à sucre est autrement généralement considérée comme une plante très tolérante aux conditions de sols.

Plantation

La canne à sucre se plante par bouturage. Les cannes issues de la pépinière sont coupées en tronçons de trois yeux et enterrées. il existe principalement deux méthodes de plantation :

  • à la caraïbe : les boutures de trois yeux de canne à sucre sont enfonçées avec un angle d'environ 45° dans le sol, le dernier œil dépassant. Ce dernier œil permet à la canne de démarrer dans le cas où le sol étoufferait les deux autres.
  • à plat : Cette méthode consiste à coucher les tronçons au fond d'un sillon. Cette méthode beaucoup plus rapide donc économique a tendance à s'imposer.

Entretien

Les principaux travaux d'entretien de la canne à sucre sont les suivants :

  • Irrigation : la canne à sucre est grande consommatrice d'eau. Dans des climats secs ou durant des période de secheresse, il peut être nécessaire de suppléer l'apport naturel d'eau (pluies, rosée, humidité de l'air,...) en pratiquant l'arrosage ou l'irrigation.
  • Drainage : la stagnation d'eau peut comme pour toute plante étouffer les racines et retarder le dévelopement de la canne. Le drainage consiste en général sur des terrains plats à créer des éléments de reliefs pour éviter cette stagnation.
  • Lutte contre les mauvaises herbes : Les mauvaises herbes sont néfastes à la plantation car elles entrent en compétition de lumière, d'eau et de nutrition avec les cannes. De plus elles peuvent servir d'hôtes à des maladies ou des parasites de la canne. Cette lutte se concentre sur les adventices car la croissance de la canne lui permet de surclasser les espèces basses, pour autant qu'un désherbage à la plantation ait donné à la canne "une longueur d'avance".
  • Le brulage qui accompagne parfois la récolte a également pour but de détruire ces adventices.
  • Lutte contre les maladies : La surveillance des cannes permet de détecter les maladies affectant les plantations et de mettre en oeuvre un traitement phytosanitaire ou des mesures de destruction des zones contaminées pour que le reste de la plantation ne soit pas affectée.

Maladies

On a vu l'importance économique de la canne au cours de l'histoire. Ses maladies ont donc fait l'objet de nombreuses recherches et des instituts de recherche sur la canne sont créés à travers le monde comme le Bureau Of Sugar Experiment Stations en 1900 au Queensland. Les maladies de la canne à sucre sont classées en trois catégories selon l'origine :

  • Champignons (mildiou, charbon, maladie de l'ananas, ...)
  • Bactéries : (gommose, stries rouges, bigarrure, ...)
  • Virus : (mosaique, maladie de fidji, streak, ...)

Les principaux moyens de lutte sont :

  • La plantation de semences saines, obtenues par sélection sanitaire ou désinfection des boutures.
  • Le traitement des champs et des outils (lames, ...).
  • La création de variétés résistantes. Cette dernière technique n'est apparue que récemment avec les créations par hybridation (XXémesiècle).

 

Animaux et parasites

Les animaux (essentiellement insectes) attaquent les cultures de canne à sucre. On peut les catégoriser selon les dégâts engendrés:

  • Les racines : principalement des coléoptères (sous forme larvaire : vers blancs) mais aussi des cigales, termites et nématodes(vers) attaquent les racines en creusant des galeries ou pour s'alimenter.
  • Les tiges et feuilles sont attaquées par des insectes piqueurs comme les cochonilles ou les cicadelles. En plus de dégâts occasionnés aux tiges et feuilles, ces insectes peuvent transmettre des maladies bacteriennes ou virales.
  • Les borers (lépidotpères foreurs), qui forent les tiges, constituent une des principales et des plus anciennes menaces.
  • Les chenilles phyllophages occasionnent des dégâts mais ceux ci ne sont généralement pas très conséquents.

La lutte contre les insectes s'effectue selon trois modes :

  • Agents chimiques (pesticides comme le D.D.T.)
  • introduction de parasites. Ce moyen de lutte concerne essentiellement les borers. On peut citer les tachinaires, espèce de mouche dont la femelle dépose les jeunes larves à l'entrée des galeries de borers. Ces larves cheminent dans la galerie et s'introduisent dans le corps de la chenille qu'elle épuisent jusqu'à en provoquer la mort.
  • L'élaboration de variété de cannes résistantes. Avec la découverte des techniques d'hybridation, de nouvelles variétés de canne ont été introduites, produisant des champs plus résistants aux attaques d'insectes.

Les rats occasionnent également des dommages aux plantations. Ceux ci sont en général très importants lorsque des colonies s'installent dans un champ. Les moyens de lutte sont ceux de la dératisation classique (appâts anticoagulants, etc...).

 

Champ de canne